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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 04:20

Je ne m'étais pas levé aussi tard depuis que je suis en Guyane, vers 9 h 45 mn, des oiseaux étaient là pour m'accueillir et le soleil complice. La tête déjà à ce qu'il me restait à faire aujourd'hui pour préparer mon départ. Katell m'avait promis que nous irions en ville dans la librairie en vue, un dédale de rayonnages en haut en bas, j'y ai appris en en achetant un, que chaque livre était majoré en plus de 15 pour cent du prix pour payer le transport, faut le savoir...

Au moment de rentrer, une envie de grignoter quelque chose à emporter m'a pris, en passant devant un restaurant créole. En attendant mes acras divers et mon boudin créole, j'ai pu boire un immense verre de jus de gingembre très fort pendant que Katell buvait son jus de carambole.

Il y a un lieu où je pourrais exposer, autre que la poudrière, il s'agit du fort diamant, construit entre 1840 et 1849 sur la commune de Remire-Montjoly mais à mon goût trop excentré de Cayenne. A part pour un événement, je ne vois pas le public aller jusque là pour voir une exposition, même si le site est beau, en bord de mer. Nous  avons mangé les acras sous la passerelle avant que le temps passe à la pluie.

En rentrant je me suis occupé de mes bagages, la chose prend forme après avoir grignoté quelques bons restes trouvés dans le réfrigérateur. Dernière lessive, tout dernière fois pour tout jusqu'à télécharger mon billet électronique, important non ?

Tuer le temps, tourner en rond, un pieds encore ici et un autre déjà à Bordeaux, toujours cette curieuse sensation quand je dois partir. J'ai bien tenté une sieste mais en vain, décidément j'ai bien fini ma mission ici, rien ne sert de commencer quelque chose, la suite est déjà ailleurs.

Sortie rapide pour faire 2 courses, rien de particulier. En rentrant des rires jeunes sur la terrasse, Ines ( une jeune infirmière à l'hôpital de Cayenne)  Ti Loyd et Etienne sirotant une bière, bonne humeur me faisant oublier cet état d'entre deux, calage et bière et rires aussi.

J'ai pu prendre les ombres en pieds pour 2 cartes maritimes. Les pieds de Ines et ceux de Ti Loyd puis ceux de Katell associés à ceux de son fils. J'ai beaucoup aimé cette séance de prises d'ombres sur la terrasse comme si cet acte était habituel pendant l'apéritif, fait sérieusement et avec bonne humeur. J'ai en tout 5 cartes habitées de pieds, cela n'est déjà pas mal, 5 est mon chiffre fétiche, alors...

Après des rires, les jeunes sont repartis chacun de leur côté, nous laissant autour d'un plat simple de riz et d'acoupas frits (poisson), un régal de simplicité. Le dernier jour ici se termine, demain je décolle d'ici à 17 h 25 mn, j'embarque à 16h 40 mn, mes affaires sont presque prêtes.

J'écrirai une dernière page quand je me serai posé à Bordeaux, histoire de mettre le mot FIN à ce projet, à ce journal également, je n'avais pas écrit de façon journalière depuis mon adolescence... à l'époque dans un cahier, j'ai aimé faire cela, accomplir cet acte terminant la journée pour la revisiter en mots, sans trop savoir qui me lirait et si ce que j'écrivais pouvait ou non être intéressant à lire, fluidité de la pensée écrite. Je recommencerai sur d'autres projets, sur !!!

à très vite...

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:36

Et dire qu'à cette heure-ci demain je repartirai, mais il me reste une bonne journée entière, la dernière.

Ce matin pas d'oiseaux au rendez vous, trop d'humidité dans l'air. j'ai essayé d'être efficace dans mon rapport au temps pour aller au marché pas trop tard. Marché au poisson, juste derrière le marché aux fruits et légumes, que je connais mieux. Nous avons fait le plein de poissons différents jusqu'à mon départ : carangue pour le midi, loubine (très différente de celle que je connais sur le bassin d'Arcachon) pour le soir, acoupa pour demain ainsi qu'une sardine faisant la taille d'un bras, je ne savais pas qu'elles étaient si grandes ici, jamais vue en métropole. Nous avons discuté cuisine et façons de cuire avec un homme très agréable.

Marché ensuite où nous avons fait le plein de bons fruits et légumes, certains, la plupart, que je ne mangerai pas d'ici un bon moment, uniquement quand je reviendrai. Jus de fruits sur mesure avant de repartir à la maison. 

Premier repas des poissons achetés, la carangue en filet qui pourrait faire penser à certain thons très tendres, un délice. je me suis octroyé une petite sieste pour ensuite commencer à regrouper mes affaires, faire l'inventaire, ranger les livres dont je n'ai plus besoin.

En vue du repas du soir où 2 couples amis de Katell venaient, nous sommes parti au supermarché acheter quelques victuailles pour compléter le repas du soir, bières, vins et entrées, j'aime toujours autant faire les courses ici, j'apprends...

En rentrant, j'ai enfin installé 2 des 3 Grandes Voyageuses appartenant à Katell, mes pièces sont prévues pour être sur des murs et pensées pour cela, je suis heureux de les y voir enfin,  Etienne, le grand fils de Katell choisira plus tard l'emplacement de la sienne.

Soirée très agréable ensuite à boire un peu, manger et rire, bonne humeur partagée, premier repas à plusieurs comme cela, filet de loubine excellent également. Après le dessert, j'ai sorti une grande planche que j'ai posé au sol, à côté de la table, j'avais remarqué qu'il était possible de créer des ombres justes à cet emplacement, juste avec l'éclairage du plafonnier. j'essaie de plus en plus de m'adapter aux lieux et aux situations pour prélever mes ombres portées et pour travailler. Choix de cartes maritimes, la première habitée par les pieds de Yvette (danseuse et art thérapeute) et de son compagnon plutôt habité par beaucoup de choses, la 2ème par François prof en lycée technique et sa compagne Valérie que j'avais rencontré lors de son exposition d'artisanat textile plutôt heureux à mon goût. Valérie a ce que je trouve le plus exotique ici en Guyane, son accent très prononcé du département de l'Hérault et une bonne humeur affichée et partagée. Je continue à répertorier dans ma tête les dernières fois, officiellement à cette heure-ci je partirais aujourd'hui, mais il me reste un peu de temps. Les tas se font, bientôt ils vont glisser dans mes bagages du retour. Passer à autre chose, entamer un nouveau chapitre, retrouver ma compagne et mes amis, mon antre bordelais puis bientôt la Chalosse, finir certaines pièces, en commencer d'autres et préparer l'exposition à Itxassou en Pays Basque autour du 20 juillet, digérer tout cela... La vie continue, j'ai encore de belles choses à faire et à vivre...et c'est tant mieux.

Il est un peu tard et la fatigue me gagne.

à demain

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 04:18

Très beau temps au réveil. Sachant le peu de jours qu'il me reste à vivre ici, je m'arrête sur certains moments que j'affectionne particulièrement, par exemple au petit matin, le bol de café encore chaud à portée de bec, je gobe sur ces petits oiseaux noirs et ocre rouge qui volettent de branches en feuilles sur les hibiscus rouges. Ils croisent à l'occasion les colibris speedés que l'on pourrait confondre avec de gros papillons. Ou alors les grands ciels nuageux de fin d'après midi flirtant gracieusement avec la ligne d'horizon maritime, magnifiques, là je peux gober longtemps...ou alors le soir et toute la nuit l'orchestre monotone et fascinant du chant des grenouilles nouilles (comme je les nomme).

Après le grand gobage post oiseaux du matin, KTL m'avait promis de passer dans une petite boutique sérieuse d'objets d'artisanat guyanais regroupant le travail des différents groupes (amérindiens et bushinengués). Une ancienne maison créole contenant des objets plus beaux les uns que les autres, un vrai musée où les objets me hélaient à tour de rôle, moi ! moi ! mais trop lourd, trop volumineux, trop fragile, trop cher mais... de beaux objets en tous cas, j'y reviendrai, sur.

A midi, comme je le désirais, histoire de me préparer au retour, nous avons mangé un bon chorizo à cuire accompagné de purée, il faut varier les plaisirs et les déplacements gustatifs.

Au lieu de faire la sieste, j'avais décidé dans une dernière ligne droite soutenue, de graver toutes mes plaques en formica. Quand on est à 15 restantes, 10 n'est pas loin...et ainsi de suite jusqu'à la dernière. Mon tas attend maintenant ses papillons.

Sortie au jardin botanique, piteux jardin botanique sans fleurs, tristounet. Le plus intéressant est encore le mémorial des libérés de 1848, stèles à 4 faces répertoriant les noms des esclaves libérés à cette date importante de l'abolition de l'esclavage en Guyane. Prénom nom ville âge. Captivant et sobre, réussi à mon goût.

Puis bière blanche face à la mer devant une sculpture représentant les fers immenses  et ouverts de l'esclave libéré. Là j'ai gobé sur le ciel magnifique, je me demande chaque fois comment je pourrais évoquer dans mon travail plastique ce que ressens devant l'extrême beauté des nuages, l'émotion presque religieuse que cela me procure. J'ai pris conscience de cela la première fois en allant en Nouvelle Zélande en 2005, les larmes aux yeux, depuis je les cherche, partout, le nez en l'air. J'aime les nuages...irrémédiablement, même si des fois je peste contre la pluie récurrente, ici.

Petit restaurant à tendance haïtienne à parler sérieusement avec KTL devant un bon sauté de cabri en ce qui me concerne.

En rentrant à la maison bouquinerie, j'ai organisé les images de papillons guyanais, ma collecte, dont un grand nombre viendra glisser sur mes plaques en formica, croisant les 40 profils OYAPOCKOIS. Je prépare ma collecte liée à la flore qui terminera l'organisation de la série à graver jusqu'à l'arrivée de la couleur des pastels, je terminerai en France.

Je n'ai plus rien à graver, je vais me coucher, demain marché pour envisager le repas du soir entre amis et prise d'ombres de pieds sur cartes, comme prévu.

à demain

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 03:22

Je me recale, j'arrive à dormir un peu plus tard mais tôt quand même, et dire que dans quelques jours je vais retrouver ma vie bordelaiso-landaise, je sens le glissement, j'y pense, c'est en ligne de mire. Il y avait longtemps que je n'étais pas parti 1 mois mais je sais que tout va être simple. J'ai appris par téléphone que mon ami Michel J. qui m'avait amené à l'aéroport de Mérignac se proposait de venir me chercher, c'est grâce à lui que je suis ici en Guyane, c'est lui qui m'a fait découvrir ce beau pays, même si c'est un département français et que je continue maintenant mon chemin ici, il faudra qu'il soit là quand j'exposerai à Cayenne.

Journée tranquille à oeuvrer pour la boutique, à continuer le nettoyage de chaque livre des rayons par genre. Après la Guyane, les pays américains, je me suis attaqué aux récits de voyage et tout ce qui touche à ce sujet de prêt ou de loin, même les guides. L'après midi j'étais dans la philosophie, reclassement de plusieurs lots par ordre alphabétique, de la pensée, encore de la pensée même sur la pensée, je finirai demain. je crois que les geckos aiment particulièrement se lâcher sur les penseurs, ils ont leurs coins stratégiques, j'aime bien ces bestioles immobiles accrochées en haut des murs, toujours aux mêmes endroits soirs après soirs, souvent par 2 et qui tout à coup peuvent être hyper rapide, attendant l'insecte passer à portée de bouche.

Au moment de sortir faire un petit tour en ville, un immense et long nuage gris foncé a recouvert la ville, menaçant. Le temps de pousser et de remplir un caddy chez Monsieur U, d'acheter pour l'occasion un grand parapluie, l'orage a éclaté. juste le temps de faire les courses puis plus rien. Petit tour en ville, la nuit tombe vite, nous irons demain un peu plus hors de la maison. Sachant qu'il ne me reste que peu de jours j'ai besoin de sortir, de découvrir de nouveaux lieux, de peut-être acheter quelques souvenirs.

Mes plaques gravées se gravent bien, j'ai pris la décision cette nuit de n'utiliser uniquement que des papillons pour la suite, plus doux par leurs formes, plus aériens et libres, surtout associés aux profils de ces jeunes guyanais. Ici,on peut voir de magnifiques papillons, de vrais leçons de couleurs pour un peintre, la palette est toujours belle et juste.

Demain j'aurai ma collecte d'images pour la suite, je commence à avoir une sensation de cette série de 40 ou de cette pièce aux 40 fragments.

En début d'année j'ai fait le voeu d'exposer vers les Pyrénées en regardant les montagnes, quelques mois après les projets s'enchaînent (Itxassou, Tarbes, Bayonne, Saint Laurent de Neste et l'an prochain le Musée de Guéthary ) Les Pyrénées ça me gagne !!!

Mon stylet m'appelle, il me faut avancer et terminer au plus vite cette étape liée à l'humain.

Cela va me faire "bizarre" d'arrêter ce journal, peut-être avec un peu d'aide le ferai je exister avec des photos, mais bon, me connaissant je vais vite passer à autre chose. Par contre, pour chaque projet, comme en résidence, s'imposera ce rendez vous quotidien, j'aime bien...

à demain

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 02:43

Avant de me coucher les plaques se gravent comme elles vont se graver dans peu de temps. j'ai commencé la journée tranquillement, comme à la maison, finissant mon grand bol de café en lisant, beau temps, pas de pluie.

Après le lever de KTL, j'ai commencé ce que j'avais promis, ranger et nettoyer la bouquinerie.Rayonnage après rayonnage, livre après livre, aspirateur d'une main et minutie de l'autre, j'aime les livres et rendre service, j'aime rendre hommage à ces objets qui ont sauvé ma vie enfant et qui m'accompagnent tout le temps. Imaginez ma joie d'être accueilli chez KTL amie et d'avoir autour de moi des milliers de livres de tous genres, dont certains dans ma chambre bleue plutôt rares, certaines gravures iront alimenter mes prochaines pièces guyanaises en construction. Je me suis donc engagé à donner du temps et des idées à la boutique, je connais bien ce domaine pour avoir travaillé pendant des années avec un bouquiniste bordelais. De prendre chaque livre en main me permet de m'arrêter sur certains, de prendre conscience de leur existence...et de peut-être y revenir, un jour.

Etant landais de Mont de Marsan, élevé au poulet du dimanche, le sacro saint plat dominical, il était logique et même obligatoire que je prépare avec amour (c'est le minimum) le dit plat. Ail et pain aillé dans le cul, bien poivré bien salé, huilé et frotté à souhait et zou galinette !!! un régal paradoxal en Guyane, j'adore !!! et en plus un bon poulet de Saint Sever ici, je trouve cela amusant dans mon histoire.

Puis un peu de livres encore, avancer sans forcer, on est pas au bagne dirait l'autre (d'ailleurs je suis heureux d'avoir évacué cette partie de notre histoire avec la Guyane, à l'origine l'an dernier, je devais faire une résidence d'artiste dans l'ancien bagne de Saint Laurent du Maroni, mais cela ne m'enchantai guère)

Promenade avec KTL sur le bord de mer rocheux, histoire de sortir, sentir les embruns, écouter le ressac et gober sur la ligne d'horizon en pensant à l'époque où on croyait le monde plat, arrivé là-bas au bout, tu tombes dans le vide. certains endroits me font pensé à cela.

Puis une bonne bière blanche place des amandiers, encore face à la mer, un tour de voiture dans Cayenne presque vide et nous voilà rentrés à préparer une grosse salade en kit option restes de poulet froid.

Je commence à compter les jours restants, optimiser cette semaine, graver, prendre les ombres des pieds sur les cartes, préparer mon retour pour que tout glisse logiquement, vie et travail, rester dans ma dynamique surtout.

Dans ma chambre à Cayenne, là, à 1 mètre de moi, j'ai une des pièces de la série Les Grandes Voyageuses, celle-ci la 18, évoque le monde Inuit, je l'avait nommé La Chamane, elle aura voyagé jusqu'ici, j'aime que mes oeuvres soient chez d'autres personnes et surtout pas sous mon escalier réserve à Bordeaux.

L'appel du sillon gravé arrive, mon ivoire du pauvre, le formica m'attend...

à demain

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 03:23

Cette nuit après mon journal, j'ai repris mon stylet à la pointe de tungstène pour graver 3 profils, je reprends mon travail personnel, cela me manquait. Les plaques entassées d'un côté attendent leur tour, de la 40 à la 1ère. Ensuite il y aura les 40 insectes puis 40 éléments végétaux.

Même si je me réveille encore à 6 h, j'ai pu dormir au moins 2 h et demi de plus, toujours le premier levé de la maisonnée. KTL attendait le doux bruit du café passant pour apparaître. J'ai pu enfin retrouver le simple plaisir de l'eau chaude, ah ! monde moderne !!!

Avant d'aller honorer notre invitation à déjeuner chez David R., l'achat d'une bonne bouteille de graves blanc s'imposait ainsi que les courses pour le WE dont un bon poulet de Saint Sever (oh ! pays) pour le dimanche, une institution depuis que je mange, avec une petite bouteille de rouge, un Grave de Vayres.

David et ses enfants un peu en retard, grande maison au charmant bordel, des oeuvres d'art partout, de magnifiques objets, un ami est arrivé, pré apero puis apero, très bonne humeur.

Les enfants sont devenus mes amis très vite, surtout Raphael qui m'a montré ses collections,échange de cadeaux. J'ai commencé à l'arrache la première prise d'ombres de pieds sur une carte maritime des côtes bretonnes, d'abord David, puis Raphael et Salambo, fragilité du papier, ombres un peu déformées, pas l'idéal de l'atelier mais je dois m'adapter. Empirisme chéri, j'apprends toujours en faisant et tout ne peux qu'être mieux.

Bon repas poisson, conversation passionnées passionnantes, très vite je fais comme parti de la famille, nous nous reverrons, préparation de mon prochain séjour, rencontres avec des groupes, exposition, jamais 2 sans 3 séjours en Guyane.

David devant prendre l'avion pour une mission en France, nous nous sommes quittés en sachant que nous sommes en contact très sympathique, j'ai promis aux enfants que nous nous reverrons bientôt. 3 nouveaux catalogues sur la culture amérindienne viendront rejoindre mes collections bordelaises.

Après midi tranquille, sieste méritée, douceur du samedi sans pluie, recherche d'images d'insectes et de végétaux susceptibles de nourrir mes pièces gravées, énorme collection de KTL ici, de quoi alimenter mes recherches et bien plus, le rêve en livres rares et en documents précieux, j'en profite...

Grosse salade faite et mangée suivie de ma glace préférée à la cacahuète, un régal, je ne suis pas très dessert mais là... et en plus légèrement salée.

L'heure est venue de retrouver mon stylet et mes plaques en formica, je remonte le temps et fixe dans ma mémoire 7 adultes et 33 enfants rencontrés en gravant leurs profils, j'ai inventé mon atelier nomade comme j'espérai sur un tabouret en bois, les plaques étant bloquées par 3 pinces prévues à cet effet, j'adore. Adaptation, encore et toujours... Tout va très bien.

à demain

 

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 03:39

Réveillé à 6 h, non mais !!! réveillé à 9 h c'était bien mieux, il va me falloir quelques jours pour me recaler dans un rythme qui me convient. Dernière nuit à Saint Georges, dernière douche froide, petit déjeuner au coin de ma petite table en coin sur tissus créole à carreaux. J'ai fini de ranger toutes mes affaire alors que KTL venait me chercher, enfin, voir où j'en étais.

Adieu Saint Georges, je ne t'aimais pas trop mais j'ai aimé le projet que j'ai inventé avec ces 2 groupes d'adolescents bien vivants, je sais que je les garderai longtemps dans ma mémoire, un jour je recevrai beaucoup de photos, cela me fera sourire...heureusement que je ne suis pas nostalgique, il ne manquerait plus que ça. On ne peut pas faire un pas devant l'autre sérieusement en regardant derrière soi, tout se passe devant.

Arrivé sous la pluie, parti sous la pluie, il a fallu arriver à Cayenne pour que cette farce cesse.

Après avoir rendu mes clés et dit un dernier au revoir à Synthia, de la médiathèque, direction Regina avec mon dernier contrôle de la gendarmerie. Arrivée à l'écomusée où on nous attendait pour une visite commentée par une charmante femme créole toute en rondeur. Cet écomusée est justement dans une ancienne maison créole de la fin du 19ème siècle, construite par un français Monsieur Aubin-Laigné qui avait épousé une femme du village, fondé une famille et fait fortune dans le bois. Toute la maison est en bois, la famille habitait à l'étage, le rez de chaussée servait de bar billard et de commerce à l'époque de la ruée vers l'or, les ouvriers payaient même en pépites. J'ai aimé cette maison avec sa circulation astucieuse d'air, je m'y verrais facilement y vivre et travailler, il y a des lieux comme ça qui inspirent. Comme beaucoup de musée maintenant, très peu d'objets et beaucoup de blabla, j'aime voir les vrais objets, sinon je lis des livres. Mais Tania était adorable d'enthousiasme.

Toujours sous la pluie, KTL et moi avons pu déguster une bonne soupe Hmong sous le marché couvert, moment de pause agréable, bonne ambiance. Et pluie et pluie et pluie jusqu'à Cayenne où nous nous sommes posés, où j'ai pu retrouver ma chambre guyanaise aux murs bleus et déballer mes affaires pour une semaine.

Puis vernissage d'une exposition à la Poudrière, un beau lieu tout en longueur avec des grandes fuites d'eau sur les murs, damned ! des murs roses pales et à 2 niveaux, beau mais pas facile pour mon travail à montrer, à voir. David R. m'a promis que les fuites seraient réparées d'ici 6 mois. Autour bel espace nature avec petits fours et alcools, option musique et une faune culturelle que je découvrais. L'exposition des 2 artistes aurait pu être mieux, l'accrochage des photos pas évidente sur des murs à 2 niveaux. Quand je pense qu'il n'y a pas d'école d'art en Guyane, c'est fou, nous sommes vraiment loin de la métropole. Un énorme potentiel ici à tous niveaux mais il faudra beaucoup de temps et l'énergie de beaucoup d'humains pour révéler et s'aligner, la vitesse n'est pas la même, il y a du retard, beaucoup.

Avec des amis de KTL nous avons fini au bord de la mer à manger chilien cuisine aménagée dans un camion ouvert, moment agréable et simple.

Là je vais enfin me mettre à travailler pour moi, un peu tous les jours, graver les formicas, trouver la suite (insectes/flore) et prélever mes pieds sur cartes.

J'aime bien Cayenne mais l'art contemporain au niveau arts plastiques n'est pas très développé, il manque beaucoup de structures, je vais essayer de connaître d'autres artistes.

à demain

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 02:43

Pour la première fois réveillé par le réveil, dernier rendez vous au collège Constant Chlore, justement pour clore le projet. J'ai retrouvé mon petit groupe des crèmes, mission, préparer la salle d'expo (qui l'est devenue), installer des tables sous ma direction, penser à un dispositif cohérent où tout montrer dans de bonnes conditions, faire avec au mieux comme j'aime si bien faire. Donner des consignes, poser les dessins par ordres, là, là et là, ne pas tergiverser, efficacité, trouver un bon rythme à tout cela, sur les tables les dessins, sur les murs les peintures, tout cela avec ma petite équipe qui suivait mes consignes. Limite, limite...mais à 11 h pétante, les portes s'ouvraient pour visiter, les élèves, des profs, David Redon, Lima l'écrivain m'ayant précédé, KTL venue de Cayenne etc...

Petit discours de chacun, émotion, surtout quand des enfants ont parlé de façon si positive, le grand sourire en parure, yeux humides, tout le monde content et bluffé, David R. (DAC) celui qui m'a proposé le projet, heureux du résultat, enthousiasme et je n'ai plus les mots mais beau moment simple et joyeux...et je me suis retiré petit à petit en remerciant tous ces enfants en leur souhaitant le meilleur. Adieu collège, adieu les matins à peine réveillé à franchir la porte de mon préfabriqué attitré pour 3 semaines, passer à autre chose.

Avec David R., KTL, 2 archéologues américaines et Lima nous avons déjeuné chez Modestine, les restaurant hôtel le plus connu de Saint Georges (j'aurais essayé les 3), bon repas et beaux échangent, premier moment d'après projet, la vie continue...

Avec KTL nous nous sommes posés dans ma chambre, copine la pluie dehors, avant de décider de partir en voiture voir et marcher sur le nouveau pont qui sépare la Guyane du Brésil au dessus de l'Oyapock, aller/retour.

J'ai payé ma mousse blanche bien fraîche en terrasse, décompression au verre.

J'ai amené KTL dans ma cantine où on nous attendait, Patricia Saul  nous a rejoint pour tout le repas à discuter, elle était très heureuse du projet réalisé. Les tableaux vont être exposés au rectorat et à la DAC, sur ma proposition des "cartes postales" pourraient être imprimées, ainsi qu'une publication des textes créés avec Lima et illustrés par des dessins fait en atelier.

Oui, mission accomplie, un bon projet réalisé.

Demain je ne mets par le réveil, KTL me rejoint et nous partons à Regina, sur la route du retour vers Cayenne, nous y avons rendez vous pour visiter l'écomusée, je sens que de belles surprises m'y attendent, je vais profiter à fond de ma dernière semaine et m'occuper de mon travail plastique, de mes recherches, de mes rencontres. J'ai plusieurs rdv pour prélever des ombres portées de pieds pour ma série sur cartes maritime : Côte à Côte.

Tout va très bien et je continuerai ce journal jusqu'au retour à Bordeaux.

à demain

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 02:47

Quand j'ai ouvert la porte du préfabriqué ce matin à 8 h, ils étaient là, oeuvrant, sages sur leur portrait respectif, aidés par Amandine, la super prof d'art plastique. Une ambiance de concentration incroyable et ceci jusqu'à la fin de la séance. J'avais mes encres magiques et j'ai pu aider, même prêter. J'affectionne particulièrement ces moments où chaque détail compte pour rendre le tableau le plus beau et terminé possible, l'exigence que j'ai dans mes propres pièces appliquées là pour les autres. Ils ne peuvent pas savoir jusqu'où ils peuvent aller et surtout que faire, c'est un métier, mais certains ont vraiment des qualités que je n'ai pas vu en France. Quelles que soient les options prises, adroites ou pas, on peut amener  l'autre à se laisser surprendre positivement, et c'était le cas ce matin. Cela aide également à gagner un peu en confiance et cela n'a pas de prix.

Alignés au fur et à mesure contre le mur, la belle collection augmentait de propositions cohérentes et tellement différentes parfois. Je suis très fier d'eux, de ce qu'ils ont fait et de m'avoir fait confiance aveuglément sans savoir vers où je les amenais, je les en ai remercié vivement. Demain, je découvrirai pour l'exposition la série complète des autoportraits, j'en aurai des images plus tard. J'ai dans ma chambre tous les dessins faits en amont par les 2 groupes : dessine moi ton quartier, dessine moi une pièce de ta maison, dessine moi les paysages que tu as devant toi format carte postale. Une grande collection avec quelques petits bijoux.

J'ai ce bonheur de pouvoir aimé et partager ma passion et ma pratique, de pouvoir dialoguer avec l'autre et apporter un peu de mon sourire bienveillant. Je n'ai jamais voulu être bloqué dans une institution, pas de hiérarchie, pas de chef, pas de programmes auquel je dois répondre décidés par d'autres. Des missions oui, dans un temps limité, le plus difficile est d'en avoir plusieurs qui s'enchaînent plus ou moins sur une année.

Après avoir mangé dans ma simple cantine, je me suis octroyé 1 h de sieste accomplie avec énormément de plaisir pour traîner ensuite, genre tuer le temps dans ma petite chambre pas très excitante, de toutes façons, dehors, cette chère pluie était au rendez vous, que faire d'autre que pas grand chose ?

J'avais rendez vous à 19 h sur la minuscule place du village, animée quelque peu en ouverture de l'été et pour sa fête de la musique, par la chorale fragile du collège, sous la pluie, avec Amandine et Romain. J'ai pu boire une bonne bière blanche avec mes nouveaux amis, recevoir 2 cadeaux surprises et passer un des derniers moments de soirée à Saint Georges.A et R m'ont avoué qu'ils sortaient pour la première fois depuis septembre, depuis la rentrée ici, tellement Saint Georges est excitant, ils iront sur Kourou en poste.

En retard à ma cantine pour cause apéritive, j'ai mangé simplement et suis rentré en pensant à ce projet, à la fin, l'aboutissement, genre mission accomplie.

Demain, installation des oeuvres avec l'aide des enfants, ouverture à 11 h, expo pot. Je pense qu'il y aura un peu d'émotion officielle et de plaisir chez les adultes présents et de fierté positive chez les enfants. Demain est un autre jour, alors...

à demain

 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 02:14

Ce matin à 8 h les enfants m'attendaient sous le préau avec madame Saül, mystère ! un prof nous avait pris notre salle de préfabriqué, cela nous a permis grands et petits de nous réveiller un peu plus tranquillement. Après avoir lancé l'exercice que je chéris bien, celui de se  dessiner sans regarder sa feuille mais en se regardant vraiment, face, profil, en regardant etc... j'ai pu prendre en ombre portée les enfants de la classe de façon à commencer leur portrait.

Recherche et croquis de l'animal fétiche, certains très déterminés, d'autres changeant toutes les poignées de minutes de peur de ne pas savoir dessiner la bête. Recherche en parallèle du côté paysage guyanais, la piste flore. Il était clair qu'ils devaient le plus possible avoir terminé le dessin de la composition, option commencer à peindre, en fin de séance matinale. De belles propositions arrivent.

Entre 2 averses j'ai retrouvé ma cantine simple, moins raffinée que chez Marie Anne mais avec la tranquillité. Poisson frit au menu, nourrissant avec riz et lentilles.

Cet après midi, tellement bien les uns avec les autres à créer (j'ai même aidé avec mes encres magiques, plaisir de retrouver un peu mes armes préférées) que nous avons prolongé la séance, un beau moment de partage créatif que je n'avais moi-même pas envie d'arrêter.

Le temps est bien long seul dans ma chambre, surtout quand il pleut à verse. Ordinateur et téléphone (épisodique) sont dans ce cas mes meilleurs amis (les livres aussi), j'ai pu régler certaines choses importantes et apprendre que David R. mon conseiller arts plastiques ici, grâce à qui j'ai obtenu ce projet, venait jeudi voir la restitution des travaux d'élèves et qu'il était question toujours d'une exposition à Cayenne de mes oeuvres à venir issues de mon passage ici, un bel endroit La Poudrière, a l'air d'une bonne piste, je le visiterai vendredi lors d'un vernissage, il me tarde... Mon année pousse en projets, une autre dynamique s'est crée dès que j'ai su en février que je venais ici à Saint Georges, depuis les bonnes surprises arrivent, le temps est il venu ??? j'ai le droit de me le souhaiter.

Repas seul en bout de table entre deux côtes de porc délicieuses à regarder la tv, comme à la maison, un bon documentaire sur les événements d'avril mai, j'ai appris beaucoup de choses mais je suis rentré même si personne ne m'attendait ici. Le grand compte à rebours a commencé, demain nous aurons terminé toutes les créations, commencés à installer la petite exposition dans le collège pour jeudi matin, je commencerai à ranger mes affaires en pensant aux dernières fois que je fais ces choses d'un quotidien Oyapockois. Demain c'est l'été et je vais découvrir la fête de la musique boum boum à Saint Georges, je verrai bien, peut-être irai je boire une bière ou deux avec mes rencontres d'ici ???

Demain matin, mon groupe des crèmes devra terminer leurs oeuvres, j'adore ce moment où je peux être très efficace avec chacun, où je peux dire fièrement, bravo c'est super, je te félicite, tu as terminé. Des fois je regarde l'enfant, sérieusement (surtout avec les garçons), balayant du regard son oeuvre, lui, les yeux dans les yeux, et avec un grand sourire, je lui tends la main pour une bonne poignée franche ponctuée d'un dernier BRAVO !!!

à demain

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Published by Pascal Daudon
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