Cela fait quelques jours déjà que L'Arbre de Jessé est bien terminé, je ne l'ai pas lâché d'une nuit jusqu'à aller travailler en journée pour avancer plus vite et je suis assez content du résultat et du choix des couleurs dans cette nouvelle organisation qui me renvoie à la certitude que "j'avance" dans mon métier, dans mon utilisation de la couleur, dans cette technique, cette aventure liée à une idée du tableau commencée en janvier 1994.
Le plaisir avec son excitation empirique est toujours là, c'est un repaire. Chaque pièce se doit d'être un maillon juste qui n'aurait pu exister sans les autres qui précèdent pour ceux qui suivent, chaque pièce m'apprend chaque fois un peu plus, je construis mon chemin avec ces étapes et je ne peux m'empêcher de penser quand j'inscris ma signature : "c'est toujours ça de gagné sur la nature".
Ces temps-ci il m'a fallu un peu batailler avec le jardin botanique pour qu'il y ait un vernissage (une telle évidence pour moi et pour tout artiste) et aussi me mettre un peu en colère (je l'étais et c'est très rare) quand j'ai vu le projet d'affiche proposé par la graphiste qui avait coupé allègrement la pièce choisie (Léda et le cygne) sauvagement et collé de gros pavés de textes sur l'image. J'ai eu mal et n'ai pas senti mon travail respecté, décalage entre 2 pensées sur l'image, je n'accepterai jamais que l'on découpe mes pièces juste parce qu'il est plus pratique de faire cela pour remplir un format donné.
Conclusion, la pièce est telle qu'elle sur un fond blanc et les textes informatifs sont de part et d'autre, ouf!!!
C'est lisible et simple, maintenant je le stipulerai avant. J'ai eu gain de cause pour le vernissage également qui sera sûrement le 28 septembre.
En ce moment sur le sol de l'atelier, 5 pièces arrivent, toutes bien sur autour et avec l'univers végétal pour l'exposition au jardin botanique à Bordeaux.
La plus grande est Mythos 6, une FLORE DES LANDES, déesse du printemps, l'origine des floralies. Nadia Boum incarne d'une belle façon cette déesse romaine, j'attends d'un jour à l'autre l'ombre de son ami Rocky incarnant Zéphir amoureux de la créature divine, enfin une histoire d'amour, je m'en réjouis.
J'ai souvent ce que j'appelle des "flashs", des images mentales qui s'imposent à moi, des connections, et cette fois ci comme une évidence, je n'ai pas hésité.
Je me suis engagé oralement à essayer de travailler à partir des planches d'un herbier constitué par Léon Dufour, landais comme moi mais de Saint Sever, ville où je vais très souvent, j'ai choisi des végétaux collectés dans ce territoire.
Le "flash" que j'ai eu est cette Flore traversée par ces végétaux collectés il y a plus de 150 ans avec en fond la pinède (forêt de pins) penchée curieusement vers la gauche et rappelant certaines tempêtes dans ce territoire, provoquée par le souffle amoureux et puissant du dieu Zéphir pour sa belle aimée. Comme une évidence est née Flore des Landes, une forte histoire d'amour.
Dans la série des Fragments de la maison des songes, les 12 et 13 en demi cercle d'okoumé attendent la suite. Ma tendre et douce AM y a posé son ombre, je cherche où elle va m'emporter.
J'ai décidé de montrer dans l'exposition les 2 premières pièces sur plateau gravé en formica, les dessins sont inscrit et j'ai investi dans du matériel adéquat, j'ouvre là une porte qui depuis des années j'entrebâille, c'est le moment, la série LES PIEDS SUR LA TABLE peut enfin commencer et j'en suis heureux, j'y ai tout à inventer, c'est excitant...
Sinon il me faudrait vendre mon travail et trouver d'autres projets, mais je vais bien et c'est tant mieux...